Un poème déjà assez ancien et tout à fait obsolète que je n’ai pas publié car j’étais hésitante quant au premier vers, dont l’irrégularité alexandrine choisie me semblait discutable. Comme je n’ai toujours pas tranché, tant pis, jetons les dés, et programme : un hémistiche de cinq syllabes exprimant l’urgence, un hémistiche de sept syllabes exprimant l’écrasement, et une métaphore filée livresque aux accents nocturnaux et arachnidéens un poil trop romantiques peut-être.
Je cherche partout, écrasée par ton silence,
La trace disparue de ta chère existence
Et les livres copieux dont je veux me repaître
Ne savent occuper nulle part de mon être.
Alors avide j’ouvre, et pour ta voix entendre,
Une page qui peut devant moi te prétendre ;
Et puis pour te connaître explore encor, perdue
De pages blanches, plus, que ne veut ma berlue.
Es-tu ce livre ouvert, blanc, impalpable et vierge
Que couvre l’araignée de ses pattes légères
Pour déposer cachée des syllabes lunaires ?
Ou ce livre fermé, dont le loquet tenace
Garde quelque secret trop réel et fugace
Et qui m’échappe encore alors qu’il me submerge ?