Au programme ce jour : une critique de la poésie qui s’appuie sarcastiquement sur des vers déséquilibrés et déstructurés, une démystification de l’art, et un jugement aussi définitif qu’oxymorique.
Il n’est rien de fatal, au fond, dans l’écriture.
La poétesse écrit mais pourrait s’en passer.
C’est pure volonté, vertueuse couture
Que de créer des vers avec des simagrées.
L’exhibition n’est point raison à négliger :
Ecrire, oui, mais pour qui, voyons… ? Si ce n’est pour
La muse révérée, ou l’audience implorée.
Certes. Mais il y a, gageons, plus de bravoure
A chercher dans l’action (ou plus d’exaltation…).
On se flagelle : on écrit pour sentir, et pire,
Pour frémir, pour pleurer, pour aimer et souffrir.
La poésie est une laide complaisance
Qui ne sert qu’à s’abattre dans la dépendance.
Souvent il faudra fuir les vaines rédactions.
