Un poème de circonstance en ce mois de mai caniculaire. On puise son inspiration dans le RER à force de vivre littéralement au-dessus. Programme : de la sueur verticale puis horizontale, du voyage sans climatisation, une petite liberté grammaticale prise sur un mot qu’on a choisi de dégenrer, et puis comme toujours plein de sonorités qui suintent aussi.
Une ligne descend très droite sur mon bras
Qui dégoutte du poil qui s’est entortillé
Comme larme miellée qui descend jusqu’au bas
Si le doigt n’intervient du petit pot sucré.
Jusqu’au bas c’est-à-dire où le coude éplié
Fait sécher le frais ru que cette chaleur moite
Tranquillement prétend n’avoir pas engendré.
Et l’on sue sans un bruit sur le siège qu’hydrate
La peau nue et perlée étalée malgré soi
Qui fait un macérât au plastique luisant.
Géométriquement les lignes se joignant
Font une mare où fond mon amour-propre, là,
Inattendu nectar et souvenir laissé
A l’hère qui prendra ma place abandonnée.







