Pour la beauté du geste

Revisiter le poème érotique – un sonnet commis par moi pour introduire ce blog qui s’annonce croquignolet, avec un alexandrin scandaleusement allongé de quatre syllabes et une honteuse diérèse sur « dieu » (supprimée, car j’ai retravaillé mon sonnet !).

Alors que je m’ébroue au sortir de la douche

Ne vois-je pas enfin tant que vient à ma bouche

Un sourire, la pine de mon cher et tendre se dresser

Négligemment portée, dans un geste lassé

Et dans la cuvette se déjeter la pisse

Svelte la pine éjecte son fluide en lice

Pour disputer le jet le plus régulier

Arc de cercle parfait, d’un beau jaune doré

Tandis que la cambrure du dos profilé

Affirme la beauté virile de l’éphèbe

Les yeux d’un bleu de lait endormis et baissés

Ne pensent qu’au sommeil perdu puis évadé

La peau blême, mouillée et nue comme le grèbe

Cependant fantasmé-je un dieu grec et marbré.