Trajectoire mentale d’une prof distraite

Un deuxième sonnet, pas tout récent mais au contexte flexible et qui fut amusant à écrire. (La rédaction se fit réellement dans les conditions décrites.) Programme : allitération facile, orthographe pédante, et exploitation littéraire d’élèves innocent.e.s.

Quand l’ennui me prend je vois ta pine en songe

Qui me prend doucement par le con en danseuse

Alors ce n’est plus mon mais ton frein que je ronge

En mon intérieur moite, en mes parois mousseuses.

Je t’avale et t’attaque et te tâte et te traque

Dans ma tête trop triste de t’attendre – en vain

Le réel me matraque et me voilà patraque

Je me vois entourée par des chiards mutins

Dont le piètre boucan tyrannise mes rêves

Tintamarre infernal au point que je me lève

Dans l’espoir d’échapper à cet odieux marasme.

Le désir évanoui et l’ennui resurgi,

Je maudis mon métier et ces âpres brebis

Qui dans la librairie accablent mes phantasmes.

Pour la beauté du geste

Revisiter le poème érotique – un sonnet commis par moi pour introduire ce blog qui s’annonce croquignolet, avec un alexandrin scandaleusement allongé de quatre syllabes et une honteuse diérèse sur « dieu » (supprimée, car j’ai retravaillé mon sonnet !).

Alors que je m’ébroue au sortir de la douche

Ne vois-je pas enfin tant que vient à ma bouche

Un sourire, la pine de mon cher et tendre se dresser

Négligemment portée, dans un geste lassé

Et dans la cuvette se déjeter la pisse

Svelte la pine éjecte son fluide en lice

Pour disputer le jet le plus régulier

Arc de cercle parfait, d’un beau jaune doré

Tandis que la cambrure du dos profilé

Affirme la beauté virile de l’éphèbe

Les yeux d’un bleu de lait endormis et baissés

Ne pensent qu’au sommeil perdu puis évadé

La peau blême, mouillée et nue comme le grèbe

Cependant fantasmé-je un dieu grec et marbré.