Aujourd’hui, la suite de « Je ne veux vivre qu’entourée de femmes ». Il s’agit de poursuivre la réflexion, en interrogeant les normes du féminin et du masculin, mes goûts littéraires, ma construction personnelle, et ma capacité à exprimer mes émotions – rien que ça ! Bien entendu, pour les besoins du sonnet, il faut toujours simplifier un peu : si l’on peut voir l’incapacité à se connecter avec ses émotions comme une conséquence de la socialisation masculine en général, on pourrait aussi voir l’incapacité à s’abandonner et à perdre le contrôle comme une conséquence de la socialisation féminine… Quoi qu’il en soit, bonne lecture :).
Je goûte l’ironie dans le fait littéraire :
Libertin·e cynique ou bourgeoisie risible,
Le ris fin de Stendhal ou le cinglant Flaubert,
Activent un plaisir complice irrésistible ;
Je me sens cajolée dans mon cerveau nacré,
Modelé de l’idée que c’est intelligence
De se moquer des gens aux quatre coins de France
Et de manier en tout un fier second degré.
Sentir est ridicule, et mièvre, et féminin.
Façonnée par ces mecs, je ne sais pas toucher
Les intimes parois où s’appuient mes pensées
Quand je parle à ma psy. Je suis paralysée
Par peur que la candeur me donne l’air crétin.
Seule la poésie fait s’extirper ma voix.