Cela fait un moment que nous ne nous sommes pas vu.e.s ici. A vrai dire, je me consacre plutôt à un autre projet ; néanmoins, j’ai réalisé qu’il me restait en réserve quelques poèmes non publiés, et à mon grand étonnement, celui-ci. Programme : un regret à peine franc sur l’inspiration lyrique de la poétesse, de l’autocritique donc, et des pluriels poétiques très premier degré à foison.
Avec quel grand ennui j’ai toujours constaté
Que toutes les chansons pleurent les maux d’amour
Et chantent les douceurs des baisers partagés
Dans des vers obligés, dans des refrains balourds.
Or ce thème constant d’Ovide à Beyoncé
Dans son âge fripé, semble rester nouveau ;
Il fait vibrer les cœurs, et mon cœur égaré
Est ému malgré moi de ce lyrisme sot.
Je m’étais bien juré que dans mes bouts-rimés
On ne descendrait point à ces enfantillages
Que l’on serait sérieuse, ardente, et révoltée.
Mais Amour me poursuit de ses velléités.
Je ne résiste point aux larmes dans mes pages.
Et je baise ta bouche avec mes mots mouillés.